La forêt boréale est l’un des trois grands types de forêts du monde. Elle représente 33 % des forêts de la Terre et couvre 11 % de sa surface. L’environnement boréal est aussi très riche. Dans la région forestière boréale canadienne, les ressources en eau douce sont considérables – elle compterait 1,5 million de lacs. On y trouve également une vingtaine d’essences d’arbres parmi lesquelles les plus répandues sont l’épinette (épicéa), le sapin, le mélèze laricin, le peuplier faux-tremble et le bouleau. Une grande variété de mammifères y ont aussi leur habitat, tels l’orignal, le loup, le caribou, l’ours, certains rongeurs, le lapin, le loup-cervier (lynx) et le vison, sans oublier le plus gros mammifère du continent nord-américain, le bison, et le plus petit, la musaraigne pygmée de Hoy.
Les populations d’oiseaux sont les plus dynamiques de la faune boréale. Certaines espèces, comme les roselins, les mésanges, les chouettes, les pics, la corneille et le grand corbeau, y résident toute l’année, mais la plupart sont migratrices. Environ la moitié des 450 espèces d’oiseaux du Canada utilisent la forêt boréale, et jusqu’à cinq milliards d’oiseaux font chaque année une migration vers le sud et une autre vers le nord. Ces oiseaux trouvent dans la forêt boréale et ses milieux humides d’importants habitats pour la reproduction et la nidification.
Les forêts jouent un rôle important dans le cycle planétaire du carbone : elles échangent du carbone avec l’atmosphère par le jeu de la photosynthèse et de la respiration et stockent de grandes quantités de carbone dans la végétation et le sol. Le Canada prend des mesures pour s’adapter aux répercussions des changements climatiques sur ses forêts. Il met au point de nouvelles techniques et expérimente des approches novatrices dans le domaine de la régénération des forêts, entre autres. Une large part de ses recherches porte sur la forêt boréale, qui constitue les trois quarts de la forêt canadienne et risque d’être davantage touchée par les changements climatiques que les forêts poussant plus au sud.
La forêt boréale canadienne contribue considérablement au bien-être économique et social de tous les Canadiens, mais surtout de ceux qui vivent et travaillent dans cette vaste forêt ou à proximité. Quelque 2,5 millions de Canadiens vivent dans 522 collectivités tributaires de la forêt boréale, c’est-à-dire des collectivités dont au moins 20 % de l’économie repose sur cette ressource. La région boréale fournit approximativement la moitié du bois coupé au pays. Elle accueille aussi d’autres activités portant sur ses ressources comme l’exploration pétrolière et gazière, l’exploitation minière et la production d’hydroélectricité.
En 2004, l’industrie forestière a contribué pour 35,9 milliards de dollars, ou 3 %, au produit intérieur brut du Canada. Elle a exporté pour 44,6 milliards de dollars de produits de bois, de pâtes et de papiers et elle a directement ou indirectement fourni un emploi à plus de 900 000 personnes.
Plusieurs populations autochtones du Canada sont établies depuis des milliers d’années dans la région boréale, où elles ont compté sur la forêt pour subvenir à leurs besoins en bois, en animaux sauvages, en herbes et en plantes médicinales. D’autres produits, comme la sève d’érable, les champignons, les baies, la résine et des matériaux d’artisanat, sont également récoltés dans la forêt par les habitants des collectivités boréales et d’autres entrepreneurs. Les collectivités autochtones jouent un rôle de plus en plus actif dans le secteur forestier, comme en témoigne l’émergence des partenariats d’Autochtones avec le secteur privé et avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. |