La région boréale du Canada abrite des centaines de collectivités rurales et éloignées dont la stabilité économique et les emplois reposent en grande partie sur la forêt et les ressources naturelles. Le bien-être de ces collectivités passe donc par leur participation aux décisions relatives à l’utilisation et à l’aménagement de la forêt. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont mis en place des politiques, des programmes et d’autres mesures visant à favoriser cette participation.
Quelque 300 collectivités boréales tirent au moins la moitié de leurs revenus du secteur forestier. Certaines comptent moins de 300 habitants, alors que d’autres en comptent 29 000. De plus, 222 autres collectivités tirent au moins 20 p. 100 de leurs revenus des terrains boisés de la région boréale. Selon le recensement du Canada de 2001, pas moins de 2,53 millions de personnes vivent dans des collectivités de la région boréale du Canada.
Les Autochtones sont les premiers humains à avoir habité la région. Pendant des milliers d’années, ils ont considéré la forêt non pas tant comme un paysage ou une ressource que comme un univers en soi – un système de soutien naturel complexe qui assurait leur subsistance. Il leur procurait nourriture et matériaux pour leurs abris, leurs vêtements, leurs déplacements, leurs médicaments et leurs outils. La forêt était la source de leur spiritualité et ils continuent de la considérer comme un moyen de subsistance et une ressource culturelle et spirituelle.
Plus de 800 collectivités autochtones vivent dans la forêt productive du Canada. De plus, environ 1000 entreprises forestières appartiennent à des Autochtones et on estime à environ 15 000 le nombre d’Autochtones au Canada qui vivent de la foresterie et de la coupe du bois. Ces entreprises peuvent aussi bien appartenir à des particuliers qu’à des gros exploitants qui emploient des centaines de personnes. Même si la foresterie est le pivot de nombreuses collectivités boréales, d’autres activités économiques fondées sur les ressources naturelles ont cours dans la région.
Les Canadiens reconnaissent que la stabilité et le bien-être futurs des collectivités boréales constituent un indicateur clé de l’aménagement durable de la forêt. La durabilité des collectivités boréales, ainsi que les droits et la participation des Autochtones à l’aménagement des forêts sont au cœur de la Stratégie nationale sur la forêt. Ces éléments se retrouvent aussi dans le Cadre canadien de critères et d’indicateurs d’aménagement durable des forêts.
Partout au pays, les politiques et les lois sur les forêts exigent désormais la participation accrue du public et divers moyens de consultation publique se greffent au processus décisionnel. La planification intégrée de l’aménagement du territoire est l’un des principaux processus de participation des collectivités. Les forêts modèles du Canada sont un autre moyen d’impliquer les collectivités. Chaque forêt modèle est gérée par un partenariat de groupes et de particuliers, y compris des collectivités, qui représentent différentes valeurs forestières, et tous les partenaires ont également voix au chapitre.
Les peuples autochtones du Canada méritent une place de choix dans les processus de planification de la foresterie. La participation réelle de ces collectivités à la planification de l’aménagement du territoire, avant la prise de décisions concernant la mise en valeur, est un objectif national important. Les ententes de règlement des revendications territoriales et les traités permettent aux Autochtones de participer aux décisions relatives à l’aménagement du territoire. Les politiques et les programmes gouvernementaux, ajoutés à des partenariats innovateurs avec l’industrie et d’autres intervenants, ont aidé les Autochtones à trouver des emplois et à créer des entreprises dans la forêt boréale.
Les obligations du Canada à l’égard de la forêt boréale sont aussi bien locales que mondiales. L’objectif déterminant est le développement durable de la forêt boréale.
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