ACCUEIL | RECHERCHE | CARTE DU SITE | PARTENAIRES | CONTACTEZ-NOUS | ENGLISH
Vue d'ensemble des forêts du Canada Aménagement durable des forêts Forêt boréale Sujets d'intérêt Publications
Aménagement forestier durable au Canada
Accueil > Sujets d’intérêt > Pratiques de récolte
Pratiques de récolte

L’entretien des forêts du Canada

Les entreprises qui exploitent les forêts publiques du Canada doivent les régénérer de manière à conserver la diversité naturelle d’origine. Les pratiques sylvicoles doivent donc prendre en compte des questions d’écologie et la production de bois. La coupe à blanc est le système le plus couramment utilisé dans les pays comme le Canada où la plus grande partie des forêts sont équiennes.

Le choix du bon système

Les systèmes sylvicoles comprennent toutes les activités de gestion des forêts en croissance – de la planification de la récolte au reboisement et aux soins à la nouvelle forêt. Les diverses forêts du Canada sont généralement aménagées selon un, ou un mélange, des trois systèmes suivants :

  • Le système de coupe à blanc – on prélève la plupart des arbres d’un secteur, ne laissant que des bosquets et des zones tampons pour protéger les autres valeurs.
  • Le système de coupe progressive – on récolte les arbres progressivement sur une courte période, de sorte que la nouvelle forêt pousse à l’abri des arbres existants.
  • Le système de coupe de jardinage – on récolte des arbres individuels ou de petits groupes d’arbres à intervalles relativement courts, en répétant indéfiniment le processus. Le système est appliqué avec précaution pour protéger la qualité et la valeur de la forêt.

Pratiques de récolte Au moment d’opter pour un système sylvicole, les gestionnaires forestiers considèrent divers facteurs écologiques, économiques et sociaux. Les systèmes sylvicoles répondent aux besoins propres de chaque site. Les deux premiers (coupe à blanc et coupe progressive) sont utilisés pour les forêts équiennes où les arbres individuels présentent des différences d’âge relativement minimes.

La coupe à blanc est généralement la façon la plus écologiquement appropriée à la récolte et à la régénération de la forêt boréale, parce qu’elle reproduit au mieux les grandes perturbations naturelles, comme le feu, le vent, les inondations et les infestations d’insectes, qui sont courantes dans cette région. Les espèces boréales germent et croissent de manière optimale en plein soleil et donnent naissance à des peuplements naturels purs d’arbres de même âge.

Le système de coupe de jardinage est appliqué pour les peuplements inéquiennes composés d’arbres à divers stades de développement. Il convient bien aux essences qui prospèrent dans l’ombre, comme le thuya géant et l’érable à sucre.

La diversité des forêts du Canada

Les nombreux types de terres boisées du Canada couvrent environ 400 millions d’hectares (988 millions d’acres). On ne récolte chaque année que moins de un pour cent de la superficie disponible pour les activités forestières commerciales tandis que plus du double de cette superficie, en moyenne, est endommagée chaque année par les feux, les insectes et les maladies.

Les compagnies qui exploitent les terres publiques du Canada sont responsables de la régénération, et c’est une des raisons pour lesquelles environ 90 pour cent de la superficie qui était boisée avant l’arrivée des Européens au Canada le demeure encore aujourd’hui.

La gestion d’une forêt équienne

La coupe à blanc permet de régénérer une forêt d’âge homogène par voie naturelle ou par le biais de la plantation. La récolte est effectuée par blocs, par bandes ou selon d’autres configurations visant à reproduire les patrons naturels de perturbation. Les débris tels que les souches, les branches et les arbres tombés sont laissés sur place pour maintenir la biodiversité et fournir un habitat aux plantes, animaux et insectes, ainsi que des éléments nutritifs pour l’enrichissement du sol.

Pour protéger la qualité de l’eau et de l’habitat, on laisse des zones de forêt intacte le long des lacs et cours d’eau, ainsi qu’autour et à l’intérieur des zones importantes pour les espèces sauvages. Les limites de la coupe suivent souvent les contours naturels du paysage, et on maintient des réserves à l’intérieur de bouquets plus grands pour protéger des éléments tels que les corridors de la faune.

Une fois un site régénéré par le système de coupe à blanc ou de coupe progressive, on laisse la forêt pousser jusqu’à ce qu’elle atteigne sa maturité, 60 à 120 ans plus tard. La coupe à blanc est souvent plus sécuritaire pour les travailleurs forestiers, et peut constituer la meilleure façon de contrôler les ravageurs ou les maladies.

Gérer les forêts naturellement

Les gestionnaires forestiers planifient la nouvelle forêt longtemps avant que le premier arbre soit coupé. Ils peuvent favoriser la régénération naturelle en effectuant la récolte après une bonne année semencière ou en laissant des bandes, des bouquets ou des arbres semenciers. Plus de la moitié de la superficie récoltée au Canada se régénère naturellement, le reste étant replanté ou ensemencé.

En Colombie-Britannique, où l’infestation sans précédent de dendroctone du pin a engendré des coupes de récupération à grande échelle, le chef-forestier de la province a recommandé que les compagnies forestières laissent sur place davantage d’arbres morts, de végétation de sous-étage et de débris ligneux pour mieux reproduire les conditions naturelles après l’infestation et aider à protéger la biodiversité.

Aux termes du Forest Management Guide for Natural Disturbance Pattern Emulation de l’Ontario, des bouquets d’arbres sont conservés à l’intérieur des blocs de coupe et de gros arbres vivants et morts doivent demeurer sur les sites récoltés pour fournir des semences, des habitats, de la nourriture et des abris pour les espèces sauvages ainsi que pour maintenir la biodiversité et permettre le déroulement des processus écologiques naturels.

Au Québec, des objectifs spécifiques de maintien de la biodiversité seront ajoutés aux plans d’aménagement forestier en 2008. Maintenir de vieilles forêts et appliquer de nouveaux traitements sylvicoles pour garder des arbres morts, des débris ligneux et des arbres fréquentés par les espèces sauvages figurent parmi les mesures visant à simuler la dynamique naturelle de la forêt.

Le Canada est aussi à la recherche de méthodes pour concilier les besoins écologiques de chaque site et la demande en fibres tout en répondant aux préoccupations du public quant à la récolte forestière. Au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada, à Québec, des chercheurs adaptent des systèmes sylvicoles, tels que la coupe à blanc partielle, qui peuvent être appliqués aux forêts mixtes et de conifères.

Certification et coupe à blanc

C’est au Canada qu’on trouve la plus grande superficie du monde de forêt qui ait reçu une certification de foresterie durable par une tierce partie. Entre autres, les trois normes de certification reconnues mondialement utilisées au Canada font en sorte que toutes les superficies récoltées soient reboisées et que la biodiversité soit conservée. La CSA, le FSC et la SFI considèrent tous la coupe à blanc comme une méthode de récolte acceptable si elle est utilisée correctement.